REALISE par Jane Birmant et Nicolas Hossard

jeudi, mai 03, 2007

Des nouvelles de Montvenix

D’Istanbul à Montvenix : le nord-ouest de la Turquie, le nord de la Grèce, l’Albanie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Slovénie, l’Italie, la Suisse…

















L’attente de Cybèle et Nicolas fut longue mais bien récompensée. En 5 jours passés là, rares demeurent les recoins de la ville à ne pas avoir été foulés par nos pas, scrutés par nos yeux. On ne vous fera pas le récit touristique de ces journées. Quelques photos tout au plus…Bien retapés, en dépit du froid omniprésent, nous avons pu reprendre la route. Quelques 3000 km nous séparent de la France.















































Il ne nous faudra pas plus de 5 jours pour atteindre notre point de départ, Montvenix en Savoie, puisque c’est autour de ce village que nous tournons depuis deux ans. Que de la route donc : le nord de la Grèce, via Thessalonique, inoubliable (!) Albanie faite de paysages désolés, de gueules cassées par une boue inlassablement retournée, de routes escarpées en piteux état. Et puis au centre, il y a Tirana, ce que le communisme a fait de mieux en Albanie. Une vraie place centrale démesurée où trône une statue du héros national. Tous les efforts du pays semblent se cristalliser là, sur cette place vieillotte, avant-gardiste. Dès qu’on en sort, le chaos reprend ses droits.













Une bonne bouffée de honte aussi lorsque, sortant d’Albanie et pensant arriver en Croatie, nous ne comprenions ostensiblement pas pourquoi le douanier exigeait tout un tas de papiers pour notre voiture européenne : « Vos douanes ne font pas partie de l’Union ? ». Réponse : « C’est gentil à vous d’anticiper, mais le Monténégro n’en fait effectivement pas partie »… Désolés de cette méprise, nous étions donc au Monténégro. Etonnant d’ailleurs. Beau, chaleureux, bien confiné entre montagnes et côte dalmate. A peine le temps d’en profiter, nous étions le lendemain suivant en Croatie, l’un des rares pays que nous aurons traversé à deux reprises durant ce voyage. Sublime remontée de la Dalmatie, avec Dubrovnik, la ville devenue musée avec ses hordes de touristes qui y passent, Split la furtive et Trogir sa voisine, ancien fief de la famille maternelle de l’une de nous.



















Entre temps quand même, il serait injurieux de ne pas mentionner notre brève traversée de la partie occidentale de la Bosnie-Herzégovine. Justice faite, nous n’avons rien à en dire…Pour aller dormir à Vérone (romantique, isn’t it ?), il nous encore fallu retrouver la Slovénie, puis Trieste, Mestre et sa Venise alentour. Enfin, notre prétexte de livrer son tapis turc à notre bon ami Eric, nous fit terminer cet insensé voyage par Genève. So chic. L’occasion donc d’aller embrasser Joseph et Eric et de nous préparer à ce retour en France.













2 heures plus tard le lendemain, nous étions arrivés à Montvenix, à embrasser Josy et faire la fête à Pouchka que nous avions quittée toute jeune. Et puis le village s’est joint à la fête avec une come back party, buffet et feu d’artifice.Voilà. Dans quelques jours Paris.D’ici qu’on vous embrasse, et comme toujours, prenez soin de vous.











































Des nouvelles d’Istanbul



De Zanzibar à Istanbul : le Kenya ou presque, l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et le sud de la Turquie.

Reprenons alors nos aventures depuis Zanzibar, où nous logions dans ce monastère catholique situé en face d’une mosquée qui nous jouait dès 5 heures du matin le plus bel appel à la prière que nous n’ayons jamais entendu. L’île de Zanzibar, autrefois indépendante, est aujourd’hui fédérée à la Tanzanie, mais elle garde pourtant son caractère propre et ses convictions politiques aux allures incertainement laïques. A deux doigts de basculer dans un gouvernement pro-islamique, à Zanzibar il est de très mauvais ton de dévoiler un bout de peau et cela même au bord de ces plages paradisiaques que les émissions de Thalassa ont su et bien avant nous, donner l’envie de découvrir.



































Enfin bref quand nous étions à Zanzibar nous avions déjà envoyé notre Toytoy vers le Moyen Orient, Aqaba en Jordanie pour être exact. Temps du parcours : 3 semaines. Il nous restait donc seulement à profiter de ce laps de temps pour faire du tourisme et jouir déjà de nos derniers instants du voyage. Car déjà nous savions qu’une fois Toytoy en terre d’Orient, plus aucune mer nous séparait de notre contient et qu’alors nous étions sur la fin du voyage. Psychologiquement, nous étions déjà rentrés ! L’écurie si proche, nous n’arrivions plus à lever le pied de l’accélérateur. Mais avant la Jordanie, nous avons fait escale au Kenya et survolé le Kilimandjaro. Oui, nous ne sommes pas vraiment fiers de vous montrer des photos uniquement aériennes de ce sommet bientôt définitivement privé de sa glace. Cet avion duquel nous avions pris les photos nous amenait en Egypte, au Caire.













Jim, le frère de l’équipe avait décidé de nous rejoindre pour une petite semaine où que nous fûmes. Ce fut alors Le Caire. Avec lui nous avons vu les Pyramides qui ne nous ont pas déçu, puis nous sommes partis vers le Mont Sinaï qui fut pour nous à la fois une claque de splendeur de voir le spectacle du lever du soleil tout le long de l’ascension du mont et de spiritualité qui comme Moïse en avait vu pas mal des spectacles de la vie et pourtant celui-là l’a laissé coi. En haut, des groupes de Coréens, un vent glacial, des boutiques de souvenirs avec les pyramides et le sphinx en porte-clé, des stands de thé et de couvertures, des couleurs extraordinaires sur ce défilé de montagnes et un brin de folie et de joie traversant les esprits les plus rationnels qui nous fait dire : « Aimons nous les uns les autres » (sic). Et Vive la France présidente, voilà que ça nous reprend ! Un peu de propagande ne fait pas de mal, de toutes les façons tout est permis sur Internet et personne ne lit rien alors, on peut se le permettre. Je ne dériverais pas sur la campagne et ne prononcerais pas le nom de l’adversaire de Ségolène, car il fut pour nous un mot banni depuis que des amis nous charriaient de notre quasi obsession de l’avenir politique de notre pays quitté depuis 2 ans déjà.
Je dérape, mais nous voulions faire court de toutes les façons sur la fin du périple, alors en bref, avec Jim nous avons poursuivi la traversée du désert sinaïque vers son bord de Mer Rouge, et nous nous sommes posés à Dahab. Nous croyions que nous pourrions nous baigner et découvrir ses fonds marins remarquables, or il faisait super méga froid. Pour nous, les Africains que nous étions encore, les 15 degrés qui y régnaient nous ont plongé dans une grippe indécrottable. Alors il nous a fallu plus que le temps du séjour de Jim pour découvrir les merveilles sous-marines, et cela en combinaison aquatique. Il nous a fallu aussi être traînés par nos nouvelles grandes amies rugbywomen, Deena et Emma, qui revenaient elles du Rwanda où elles montent une équipe de rugby. Ces filles sont géniales et ce fut un bonheur de les rencontrer et de les compter désormais parmi nos grandes amies.


























































































































Toytoy se faisait attendre… L’attente nous a plongé parfois dans des grands moments de réflexion peu fructueuse pour aller de l’avant et réaliser notre immense bonheur.








On était totalement déprimé. Pour faire passer le temps nous avons visité la Jordanie : Pétra, sublime, il faut y aller et se perdre dans les rochers, Amman moderne et un peu triste, ni vraiment occidentale, ni vraiment moyen-orientale, un peu décevante donc mais riche en DVD à 50 centimes d’euro, alors on passait le temps.






































































Puis Toytoy retrouvée et alors tout fut rentré dans l’ordre. Alors voilà, au nord de la Jordanie, nous avons fait escale à Jerash, cité romaine, puis non loin de là Damas la syrienne. Damas, elle, est une ville extraordinaire et ses habitants fascinants. Il nous suffisait d’ouvrir la bouche pour être entourés des plus charmantes personnes. On a rencontré Hassan, un avocat de politique internationale en buvant un thé, parlé trois heures avec un commerçant dans sa boutique de politique que cela soit de la région mais aussi de la France, de l’Afrique, des Etats-Unis, etc.












Une fois perdus en ville au sein de notre engin bien trop volumineux pour ces villes foisonnantes, un type adorable monte dans notre voiture pour nous indiquer notre chemin et cela malgré les embouteillages. Et en cours de route, nous apprenons qu’il était tombé en panne d’essence et qu’alors les bouteilles vides qu’il portait avec lui était pour les remplir de pétrole. Ce détour ne lui aura coûté que quelques heures de son emploi du temps. Que des types formidables et rares on vous dit. On a adoré. Et, bien sûr, la ville est doté d’une histoire et d’une architecture uniques. La mosquée des Omeyyades est tout de même un mythe, son souq est selon nous encore plus remarquable que celui d’Alep. Alep qui fut notre deuxième étape en Syrie. Nous y avons survolé son souq et sa citadelle. Ville charmante mais sans la grâce de Damas. Ville la plus islamiste de Syrie, où nous avons été amusé d’aller acheter du vin et de découvrir alors un des trucs pour ceux qui veulent boire en douce. Tu viens avec une cannette de Seven-up et le type de la boutique te la remplit de whisky ou autre alcool, et pour faire encore plus vrai il t’ajoute au cocktail une petite paille. Ils sont drôles quand même les croyants qui n’y croient pas totalement.

















































Puis enfin la Turquie, l’Europe ! Beaucoup de choses politiques à dire sur la Turquie, car croyez nous, nous nous sommes informés sur le sujet. Parlons plutôt chiffon soit paysage et ne rentrons pas dans les sujets qui fâchent pour certains, bien qu’ils nous est bien égal de fâcher sur des sujets représentant nos convictions. Enfin bon, nous dirions juste, que la Turquie ferait un plus grand bien à l’Europe, que cela soit d’un point de vue économique, social ou moral. Alors le paysage turc. Très très beau, surtout la Cappadoce, enfin surtout parce qu’à part Istanbul, nous ne sommes restés qu’en Cappadoce. Là, nous avons fait la rencontre qui n’en n’est plus une, puisque ces trois garçons que nous avons rencontrés nous les avons déjà revus, réembrasser, et on compte bien faire durer cette amitié. Alors avec eux, dans une auberge familiale, nous avons fait d’extraordinaires ballades dans ce paysage à la fois grotesque et magique.













































Grâce à ces paysages et nos nouveaux compagnons, nous avons su ralentir la marche de notre retour et avancée progressive de celle qui devait être notre dernière vraie escale : Istanbul l’enchanteresse, Istanbul centre du monde, Istanbul carrefour des civilisations. Deux ans plus tôt, lorsque nous passions non loin de là, cette destination nous semblait inaccessible : « Tu te rends compte quand nous y serons de tout ce qu’on aura vu et fait ? ». Un rêve d’être là. Rarement ceux qui enjambent le Bosphore doivent sentir l’excitation qui nous envahit à ce moment. D’autant que la vieille Byzance nous ouvrait les bras dans des conditions optimales car Cybèle et Nicolas, un an après nous avoir retrouvé au Cambodge, nous avait donné rendez-vous dans notre sublime hôtel.

On arrive. Prenez soin de vous.

Jane et Nico