REALISE par Jane Birmant et Nicolas Hossard

mercredi, juillet 05, 2006

Des nouvelles de Mexico


De Vancouver à Mexico :
Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique

Qu’il fait bon vivre chez nos cousins latins du Mexique. Tant de codes et d’attitudes que nous avons en commun et qui nous rassemblent. Enfin, nous retrouvons un faciès de touristes qui nous faisait défaut chez les nord-américains.
Embarqué Toytoy depuis le Cambodge sur un cargo pour une croisière d’un mois, nous sommes arrivés quelques jours avant elle à Vancouver pour préparer tous les papiers et la récupérer le plus vite possible. Nous savions que cela n’allait pas être une partie de plaisir, mais nous ne pouvions penser à quel point les Canadiens n’allaient rien nous épargner et nous faire vivre le pire moment de notre voyage. Véritable cauchemar, les douanes canadiennes ne nous ont rien épargnées. En fait, notre container a été « tiré au sort » pour une inspection approfondie. Ça s’engageait mal pour nous, bien que nous n’avions presque rien à nous reprocher quant au contenu dudit container. On avait pris soin d’expédier notre herbier en France depuis le Cambodge, on avait évacué les réserves de nourriture, etc. On avait juste laissé 6 cartouches de clopes, mais cela n’a pas posé de problèmes. Grâce à cette merveilleuse institution qu’est l’Alena, le Canada, les USA et le Mexique ont la même législation en matière d’importation de marchandises. C’est fou ce que ce voyage nous apprend… Alena et Patriot Act rendent les démarches hallucinantes, sinon impossibles. Au bout de quelques jours au téléphone, nous connaissions toute l’équipe du port. Nos interlocuteurs des plus charmants dont Dana (prononcé Dèïna), Ana (prononcé Eïna) ou Wolf, finissaient toujours leur phrase par un insupportable « I’m so sorry » et nous d’un « Don’t be » des plus secs. Ils nous ont fait poiroter plus de trois semaines et nous ont ruiné sans complexe, et ont failli nous envoyer plus d’une fois au bloc pour opération cardiaque. Ce fut lors d’un de ces beaux jours de printemps canadien, quand Ana est venu nous annoncer avec regret (d’une sincérité toute hollywoodienne) que la voiture ne pourrait sûrement pas rentrer sur le magnifique territoire canadien et devrait alors retourner dans le pays de son envoi, soit le Cambodge. Quel moment…, nous nous sentions perdu à cause d’une phrase brisant le plus grand de nos rêves.

On se voyait déjà en France sans notre voiture et devoir payer un rapatriement hors de prix pour qu’elle nous rejoigne au Havre ! Mais, ils nous ont finalement (vous vous en doutez, on ne serait pas au Mexique sinon) épargnés le renvoi en échange d’un dépouillement complet de notre compte en banque pour 1- déplacer la voiture dans un entrepôt secret, littéralement « a secret warehouse » pour 2- une fumigation, 3- un lavage au karscher pour les traces de boues sous les roues (boue qu’ils ont dû enterrer ???), 4- un retour dans l’entrepôt d’origine et 5- bien sûr payer grassement les contrôleurs de leur contrôle ultra efficace, etc, etc. Il faut les comprendre quand même, le Cambodge, c’est un pays bien bizarre, avec vache folle et H5N1 égaré. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il nous était impossible d’intervenir dans quelques démarches, et il nous fallait attendre patiemment et surtout rester calme. A la limite du commando sit-in, nous réussîmes à écourter d’une heure la pause déjeuner de chacun et faire en sorte que leurs petites fesses sveltes se remuent d’autant que nous étions devenus de bons clients et que l’argent nous donnait un statut important. Corruption organisée…
Évidemment, le karcher n’a pas été sans conséquence sur notre jolie peinture bleue, mais il est bien stipulé que les dégâts causés par le nettoyage est à la responsabilité du propriétaire du véhicule. Le plus dingue, c’est qu’à ce prix total (2000 dollars quand même), ils n’ont même pas regardé le contenu de la voiture.


Mais ce qu’on ne vous dit pas encore, c’est qu’au bout d’une semaine de détention de Toytoy, à laquelle nous n’avions évidemment pas accès, nous comprenions que les « revenez demain » seraient perpétuels. Nous avons donc procédé à un changement de stratégie. Nous commencions à connaître Vancouver par cœur, et ceux qui nous affirmaient que c’est la plus belle ville du monde n’en étaient visiblement jamais sortis.

Et comme chaque chose comporte son lot de bonnes et de mauvaises surprises, face à ce méprisable spectacle des consignes de sécurité de l’Amérique du Nord, nous avons eu la chance de rencontrer les sosies de Yokohono et de John Lennon chez qui nous sommes restés à Whistler, LA station de ski de la Colombie britannique, très chic-chic et mignoné. Nous n’avons pas skié, mais nous avons goûté à la sublime cuisine de Terry (Yokohono), papoter des heures avec Norbert (John Lennon) et le tout dans un cadre magnifique. Et surtout, ils nous ont écouté nous plaindre et nous plaindre encore de ces douanes et de la culture Nord américaine, tout en essayant de nous faire voir les bons côtés du Canada.


Et même s’ils n’ont pas réussi à nous convaincre de l’exceptionnalité de la capitale de la Colombie britannique, nous les (vous) aimons énormément et merci de ce coup de main irremplaçable que vous nous avez donné. Pour nous, Vancouver est une ville triste et architecturalement pauvre. Personne dans les rues, des cinémas vides, pas de musée d’Art moderne, des obèses en chaise roulante, des jeunes qui respectent les consignes de citoyenneté et surtout une misère urbaine jamais rencontrée auparavant. Des rues entières à Vancouver sont remplies de SDF, jeunes, entre 16 et 25 ans, drogués, vomissant à tour de rôle parterre, le visage tuméfié, les dents pourries. C’était la première fois depuis le voyage que nous évitions des rues et des quartiers par mal aise et par peur aussi. C’est le décalage entre l’extrême richesse des uns et la misère absolue, dans cette société où l’argent est religion et la consommation est loi, et où alors l’élite est plouc et la culture inexistante. Comment combattre l’ignorance ? Comment changer la tendance de l’ultralibéralisme qui voit dans la pauvreté une malédiction, une désolation qu’il faut éviter et qui est réservé aux pays du Sud. Le Mexique par exemple est un pays pauvre et donc dangereux et où alors tous les Mexicains ont comme seul rêve de devenir des Nord Américains. Face à un tel schéma du fonctionnement des choses, on ne peut que rêver à ce qu’aucun pays ne souhaite se rapprocher de l’Amérique du Nord et la laisse isoler, comme elle s’isole elle-même. Vu du Nord de l’Amérique, et ses habitants doivent le penser, les frontières du Canada et des USA semblent les protéger hermétiquement du reste du monde. Pensent-t-ils réellement que les frontières sont des murs en acier inoxydable qui les protège du SIDA, des microbes, de la faim, de la violence et du communisme ou de l’islam ? Savent-ils que si toute la planète vivait comme eux, il en faudrait neuf ?

Et pour ne parler que de ce voyage, on était en fait tendu parce que si le Canada nous posait tant de problèmes, qu’en serait-il des Etats-Unis ? On essayait de ne pas y penser et de profiter enfin de notre séjour canadien, écourté du coup. Mis à part la route Vancouver-Whistler, nous avons fait un détour par toute la Colombie britannique pour rejoindre l’Etat de l’Alberta pour plonger chez les voisins du Sud par le Montana et le parc du Yellowstone. Quelques sourires figés nous permirent de passer finalement cette frontière redoutée sans encombre, à base de « we are so happy to rediscover your wonderful, beautyful, amazing country, blablablaaaa ». Ça marche toujours, d’autant si on glisse quelques « oh God, no ! » aux questions : « avez-vous de la drogue, des armes, des bombes nucléaires, du sida, de la rage, de la grippe ?… ».
Questionnaire écrit à base de « êtes-vous sympathisants du communisme, des pauvres, des musulmans, tout ce qui fait peur et que le monde libre doit éradiquer… », empreintes digitales, relevés optométriques, 15 dollars par personne, et nous étions au pays de la Liberté. Wouahhhhh, amazing !
Évidemment, l’itinéraire tracé évitait trop de villes et se concentrait sur les magnifiques paysages et parcs naturels de l’ouest états-unien.
Le Yellowstone donc, un rêve réalisé, l’Utah et sa capitale mormone, glauque à souhait, Salt Lake City,
puis le Bryce Canyon et le Grand Canyon, effectivement somptueux et qu’aucune photo ne saurait évoquer fidèlement cette grandeur.
Ceux qui disent qu’il faut le voir en dépit de son côté cliché ont bien raison.
D’autant que rares sont les touristes à s’éloigner des parkings qui contiennent les voitures et les glacières (à partir de combien de litres une glacière est-elle un frigo ?), elles-mêmes gardées par de redoutables caniches obèses coincés entre le pare-brise et le corps de leurs maîtres qui ne peuvent plus sortir de là. Heureusement, il y avait d’autres étrangers pour aller admirer ça de plus près.

L’étape suivante fut une ville, et des plus étranges. Voilà maintenant 500 jours que Céline Dion est retenue en otage dans un cabaret-casino-supermarché-hôtel de Las Vegas, la ville du rêve, la ville de tous les possibles. Derrière les paillettes, on y a vu la misère.
Des gens surtout modestes qui viennent en quelques secondes claquer les économies de plusieurs années et réaliser un rêve ici, dans une ville artificielle plantée au milieu du désert que chaque bout de rue laisse entrevoir. En bons sociologues, nous y avons passé trois jours, un maximum avant que la déprime ne nous gagne. On logeait à l’Excalibur. Wouahhhh, amazing ! Une vague réplique d’un château fort, d’on ne sait trop où, d’on ne sait trop quand, mais qui le saurait ? Mais on n’a pas pu résister à la tentation de voir le Bellagio, le MGM Grand, le New York-New York, où la misère s’expose dans un cadre plus chic. Et puis le « A Paris » nous a laissé l’impression qu’on était sur le tournage de « Amélie Poulain returns ». Là on a mangé (activité principale aux Etats-Unis) des gâteaux de chez Le Nôtre et bu un express « en terrasse », enfin dans la rue, enfin dans le bâtiment et donc le couloir. On avait presque l’impression de repartir de Paris en sortant de là. Presque.
Par souci méthodologique, nous n’avons pas pu résister à la tentation de faire de l’observation participante et de prendre place à des tables de blackjack. Du moins quand les croupiers nous y autorisaient car à deux reprises notre « ID » (carte d’identité) pour vérifier que nous n’avions pas moins de 21 ans nous était demandée ! Passée la blague « my idea about what ? », nous quittions les tables en les remerciant de croire que nous étions si jeunes. En y repensant, nous croyons avoir compris que les femmes de moins de 60 kilos ont forcément moins de huit ans et que les hommes à barbes (ou assimilées) sont suspects.
En quittant ce lieu étrange, nous faisions route pour la Vallée de la Mort et ses 60°C fréquents. Inutile de dire qu’une nuit des plus chaudes fut amplement suffisante pour quitter ce désert aride.
Et puis l’étape suivante devait rester l’un de nos meilleurs souvenirs états-uniens : le parc autant immense que sublime du Yosemite, en Californie. Ce qui est pratique là-bas, c’est qu’au bout d’une demi-heure de marche, il n’y a plus personne sur les sentiers. On en a arpenté plein, des heures durant, tout heureux d’être là et de contempler le spectacle de la nature.

Enfin bref, reste-il encore quelque part des Etasuniens qui mangent normalement, qui vont au cinéma, fument des cigarettes, savent que les USA ne sont pas pour tout le monde l’endroit rêvé, que l’environnement devrait être plus une priorité que le pétrole, etc. Et bien oui, nous en avons trouvé, mais dans cette partie ouest des Etas-Unis, ils semblent tous concentrés dans un seul et unique endroit qui est la ville de San Francisco. Cette ville fut un véritable havre de paix pour nous, plus latins que jamais dans cette partie du monde. Il semblait ici que le beau retrouvait un sens, la ville cerclée d’eau entre la baie de SF et le Pacifique est vraiment surprenante où les rues montent et descendent sur des pentes à 45 degrés donnant à chaque bloc des panoramas sublimes. Une ville où la mesure trouve un juste milieu, rien est trop grand, trop gros ou trop haut. Les rues sont pleines de monde, les gens semblent venir de tous les horizons et ne semblent pas tous penser et vivre de la même manière.
On croise des fous, des déjantés, des timides, des gentils, des nerveux, des antipathiques. Ils ont le bon côté des Etatsuniens à parler facilement aux gens qu’ils rencontrent, à laisser les autres vivre comme bon leur semble. On se sentait des anonymes bien à leur place dans cette ville pionnière pour le combat des homosexuels, pour les cinémas d’art et d’essai. Et puis de superbes musées avec de la vraie culture dedans, et des gens qui manifestent à poil à vélo contre le pétrole tout-puissant…

Heureusement qu’il est des villes comme celle-là ou comme New York pour nous rendre compte qu’il existe ici ou là des résistances à la peur des autres et à un complexe de supériorité. Là-bas, peu semblent croire que le monde entier rêve de devenir états-unien et que leur devoir est de l’en empêcher en le maintenant dans une citoyenneté de seconde zone.
On y était vraiment bien pendant ces deux semaines passées là-bas, et l’accueil de Guarina et Josh n’y fut sans doute pas anodin. On a un peu bousculé leur quotidien, mais on y a gagné de nouveaux amis. Avant de les remercier et de reprendre notre route, nous avons répondu à une nouvelle interview radio qu’un autre nouvel ami conduisait à propos de notre voyage et de l’usage d’Internet dans le monde. « Toytoy story » devient une vraie star et des inconnus nous écrivent pour nous en féliciter.
Le cœur serré, nous partions vers une ville beaucoup moins séduisante. La route de Los Angeles (la number 1) nous ravit cependant. LA est en fait un agglomérant gigantesque de villes où l’on ne sait jamais quand on est dedans ou en dehors de la ville.

Le temps d’un pique-nique sur la plage de Santa Barbara et de quelques photos en voiture de la Mullholland drive, du panneau Hollywood, du ghetto de riches de Beverly Hills, nous étions déjà en route pour Solvang, « l’un des secrets les mieux gardés de Californie » promet une brochure touristique.
En fait, ce bled nous intéressait dans le cadre de notre étude sur les « Européens d’ailleurs » car il s’agit d’un village danois. Une bande d’enluminés est arrivée là il y a cent ans pour exprimer et répandre leur foi en un Vishnu chrétien quelconque. Depuis, les grands blonds s’y sentent plus au Danemark qu’au Danemark, et ils sont heureux comme ça.
Les kilomètres parcourus nous rapprochaient de la frontière mexicaine par San Diego-Tijuana.
Après un dernier (aleluhia) camping dans la banlieue de San Diego, nous nous dirigions vers notre première ville mexicaine où nous attendait l’équipe Médecins du Monde en poste là-bas et pour l’accès aux soins des populations migrantes. On ne se demande pas qui des Etats-uniens ou des Mexicains sont ces migrants en question… L’argent des émigrés mexicains aux Etats-Unis représente le deuxième revenu du Mexique, après l’indétrônable pétrole, bien sûr. Le rêve états-unien fonctionne encore et toujours pour des Mexicains chargés des travaux les plus ingrats et d’un manque de reconnaissance là-bas. Comme dit Jojo, s’ils veulent des papiers, ils n’ont qu’à grossir les bataillons en Irak. Il est bien Jojo, un humaniste comme on n’en fait plus.
Notre passage (dans le bon sens) fut tant sans encombre que nous dûmes faire demi-tour (dans le mauvais sens cette fois) avec une interminable file d’attente, pour faire tamponner nos passeports. Les douaniers gringos étaient tellement tendus qu’ils avaient du mal à comprendre notre situation.

De Tijuana à Mexico, quelque 3000 kilomètres de route devaient être notre quotidien de dix jours. Les premiers étaient les plus pénibles. La frontière n’était pas loin et les tensions étaient dans l’air chaud du désert. Nos haltes furent cependant souvent sympathiques, tantôt au bord de la mer, tantôt dans une petite ville coloniale, ou encore une grosse capitale d’un Etat. Parfois aussi au beau milieu de nulle part, alignant nos pauses déjeuners à un match de l’équipe de France de foot. Nous sommes arrivés sur le continent du football par le Mexique au moment de l’ouverture de la coupe du monde. Nous nous sommes trouvés une nouvelle passion : le ballon rond. C’est marrant comme la distance peut modifier ses centres d’intérêt. Regarder les matchs de foot nous fait nous sentir plus près de vous tous. On imagine bien nos amis devant leur télé chez eux exactement au même moment que nous. Nous, il est 14 heures quand il est 21 heures en France. C’est donc l’heure du déjeuner. On est quand même assez rigolo dans les bouibouis tous les deux collés à la télévision, ne respirant pas pendant les presque 2 heures de matchs, et gagnant alors la sympathie de tous les clients du lieu. Ce qui fait que grâce à nous au moins 10 personnes ont été plus pour la France que pour l’Espagne et que, ah non ça n’a pas marché pour le Brésil… Regarder le football au Mexique est vraiment génial car tout le monde voit les matchs et est intéressé par le sujet. Et puis ici, il y a la télé partout, dans les super marchés, dans les banques, les parkings et les restaurant pour que personne ne rate les matchs et continue quand même à travailler un peu. À Mazatlán, nous avons flâné dans la vieille ville et suivi dans une chaude ambiance le match Mexique-Argentine. Puis Guadalajara et autre San Miguel de Allende avec ses ruelles pavées qui serpentent entre de vieilles bâtisses multicolores laissant entrevoir de charmantes cours intérieures. Mais toute cette route du nord avait surtout pour objectif de rejoindre Mexico et de nous éloigner de l’Amérique du Nord, parler espagnol, manger des fruits et des légumes, des vrais, retrouver des pays qui ont un passé, etc.


Ici, nous n’avons qu’une peur, c’est d’être assimilé aux gringos. Et bien, même si c’est le cas parfois, les Mexicains ne nous ont jamais rejetés ou montrés un quelconque dégoût à notre égard. A leur place, face à tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à des gringos, nous montrerions les dents et sortirions les griffes. Le gap entre le Mexique et ses voisins du Nord est réel et nous n’avions finalement pas réalisé que nous allions devoir faire face à ce nouveau choc culturel, dû principalement au décalage d’avec ce que nous avons constaté au Nord. Peut-être par trop de tolérance (contrairement à nos alliés transatlantiques) ou de compassion, nous trouvons les Mexicains extraordinaires, d’une douceur rare et d’une générosité naturelle.

Et Mexico n’échappe à la règle du savoir-vivre du reste du Mexique contrairement aux rumeurs qui tendent à circuler en France sur cette cité. Nous n’avons pas été encore violé ou pris en otage ni pickpocketé dans le métro. La ville est plus safe que nous croyions et bien moins pollué et irrespirable que ce qui est souvent cité et donc cru. Se trouvant à 2 500 m d’altitude, il ne fait jamais très chaud et depuis que nous sommes arrivés, il pleut au moins une fois par jour, des orages tropicaux lavant ainsi tous les recoins de la ville. Et puis, et nous ne le répèterons jamais assez, qu’est ce que c’est bon de vivre dans une ville contenant histoire et passé depuis plus d’un siècle et demi. Et ici, les Mexicains font un boulot incroyable concernant les musées. Le musée anthropologique est somptueux. Les salles, les dispositions des objets et l’entretien prouvent le grand respect des Mexicains de leur Histoire et de l’importance accordée à la culture et au patrimoine.
Et puis, c’est d’autant plus grisant d’être là que c’est la période des élections. A l’heure où nous écrivons cette nouvelle page de blog, Lopez Obrador et Felipe Calderon sont au coude à coude, à un point tel que les résultats mettront une semaine avant d’être définitifs. La campagne du second a été assez minable, à base de « Lopez Obrador veut faire du Mexique un pays de pauvres » et avec pour programme « la rupture dans la continuité ». Génial, non ? La position des deux candidats révèle aussi la schizophrénie de ce pays entre une géographie et une économie qui le fait se sentir nord-américain et une culture qui lui rappelle sa latinité et son rôle à tenir dans une politique latino-américaine. Si Calderon venait à remporter les présidentielles, la situation pourrait devenir inquiétante ici car, selon certaines sources, trois millions de votes se seraient évaporés dans la nature. Le sud, notre route à venir, est majoritairement de gauche et si les résultats lui étaient défavorables, beaucoup de brasiers pourraient s’enflammer, notamment vers le Yucatan et le Chiapas. La politique est le sujet récurrent ici. Tout le monde ne parle que de ça, oubliant ainsi que la France à une demi-finale à jouer contre le Portugal…







De chez Ruth et José qui nous accueillent comme si nous nous étions toujours connus, nous avons pas mal de boulot en perspective avant de nous laisser aller à davantage de tourisme. Parmi ceux-là, nous devons aller rencontrer quelques hurluberlus cocasses, en les personnes constituant une communauté française à la capitale. Ils sont « les racines de France » (ne riez pas, c’est leur nom) et vivent dans un quartier chic depuis 5 générations. Plus cathos que Benoît XVI, plus Sarkozystes que Cécilia, on a hâte de voir leurs têtes.
D’ici notre prochaine page de blog, nous allons parcourir une sacrée route. Au programme : le sud du Mexique, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama et la Colombie. D’ici là, continuez à prendre soin de vous.


Jane et Nico

Le compagnon du mois : il s’appelle Kyoto, mesure cinq centimètres sur dix et nous l’avons ramassé sur un trottoir de Kyoto. Depuis, il est le gardien féroce de Toytoy et est un peu devenu notre Vendredi à nous. Sinon, on va bien…

La bonne surprise du mois : l’arrivée à San Francisco et un certain France-Brésil

La mauvaise surprise du mois : Calderon en tête provisoire ?

Le « on s’en fout » du mois : Aujourd’hui, c’est le 4 juillet et plein de gens défilent en chantant dans les rues états-uniennes.

Le bonheur du mois : notre quotidien est déjà pas mal…


Le chiffre du mois : 85. C’est le pourcentage d’Etats-uniens qui sont convaincus de l’existence de Dieu.